Utilisation des téléphones intelligents et des tablettes par les personnes ayant une déficience visuelle : les appareils grand public remplacent-ils les aides visuelles traditionnelles ?
Nous avons constaté que les téléphones intelligents et les tablettes remplacent souvent les aides techniques traditionnelles dans de nombreuses tâches quotidiennes chez les personnes aveugles ou malvoyantes. Nous avons aussi constaté que ces aides restent importantes, surtout pour la saisie et la modification de longs textes.
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Pourquoi ce travail est-il important ?
De nombreuses personnes aveugles ou malvoyantes utilisent des aides techniques traditionnelles. Ces aides comprennent les loupes, les logiciels d’agrandissement d’écran, les lecteurs d’écran et les afficheurs braille. Les téléphones intelligents et les tablettes offrent maintenant des fonctions d’accessibilité intégrées. Nous avons donc examiné dans quelle mesure ces outils transforment l’usage quotidien des appareils. Cette question est importante, car le coût, la commodité, la formation et l’aisance sociale peuvent tous influencer les outils utilisés.
Qu'avons-nous demandé ?
Nous avons examiné trois questions. D’abord, quels téléphones intelligents, quelles tablettes, quelles fonctions d’accessibilité et quelles applications utilisent les personnes aveugles ou malvoyantes ? Ensuite, ces appareils grand public remplacent-ils les aides techniques traditionnelles pour certaines tâches ? Enfin, quels facteurs influencent ces choix ? Ces facteurs comprennent l’âge, le niveau de vision et les compétences de la personne.
Qui a participé ?
Quatre cent soixante-six adultes se disant aveugles, sourdaveugles ou malvoyants ont répondu à notre sondage en ligne. Toutes les personnes avaient au moins dix-huit ans. Elles utilisaient un téléphone intelligent ou une tablette depuis au moins trois mois. La plupart vivaient aux États-Unis, au Canada ou en Allemagne. Notre échantillon comptait surtout de jeunes adultes. La plupart se disaient aveugles. Comme notre sondage était en ligne, nous avons probablement rejoint des personnes déjà plus à l’aise avec la technologie.
Qu'avons-nous fait ?
Nous avons mené un sondage anonyme en ligne, en anglais, en français et en allemand. Le sondage a eu lieu à la fin de 2017. Nous l’avons diffusé dans des groupes de médias sociaux, des centres de réadaptation et des associations d’usagers. Le bouche-à-oreille a aussi contribué à sa diffusion. Le sondage portait sur les aides techniques traditionnelles, les téléphones intelligents et les tablettes. Il abordait aussi la formation, le soutien technique et les tâches quotidiennes. Nous avons demandé à quelle fréquence les appareils grand public remplaçaient les outils traditionnels pour ces tâches.
Ce que nous avons trouvé
Presque toutes les personnes utilisaient un téléphone intelligent. Environ la moitié utilisaient aussi une tablette. Les appareils Apple étaient beaucoup plus fréquents que les appareils Android. L’accessibilité était la principale raison du choix d’un appareil. La plupart des personnes ont appris seules à utiliser leur téléphone ou leur tablette. Elles ont aussi appris grâce à des sites Web ou à d’autres personnes aveugles ou malvoyantes. Elles apprenaient moins souvent auprès de professionnels de la réadaptation.
Près de neuf personnes sur dix étaient au moins plutôt d’accord avec l’idée que les téléphones intelligents ou les tablettes remplaçaient les aides techniques traditionnelles. Ce remplacement était particulièrement fréquent pour reconnaître des objets et se déplacer. Il était aussi fréquent pour demander l’aide d’une personne voyante et écouter des livres audio. Il concernait également la lecture de livres numériques et la reconnaissance optique de caractères. Cette fonction transforme un texte imprimé en texte numérique lisible. Les personnes plus jeunes rapportaient plus souvent ce remplacement. C’était aussi le cas des personnes qui se sentaient plus compétentes avec leurs appareils. L’âge n’était pas le facteur déterminant. Les adultes plus âgés qui se sentaient compétents rapportaient autant de remplacement que les personnes plus jeunes. Les appareils traditionnels restaient toutefois préférables pour certaines tâches. C’était surtout le cas pour saisir ou modifier de longs textes. Certains appareils spécialisés restaient aussi utiles, comme les appareils braille autonomes. Les afficheurs braille peuvent néanmoins se connecter aux outils grand public.
Ce que cela peut vouloir dire
Nous élargissons la définition habituelle des aides techniques. Aujourd’hui, de nombreux outils peuvent donner accès à l’information à des publics variés. Cela comprend les personnes aveugles ou malvoyantes. Les téléphones intelligents et les tablettes devraient être considérés comme des outils importants de technologie d’accès. Pour les professionnels de la réadaptation et les spécialistes des technologies d’assistance, nos résultats indiquent que l’enseignement des compétences liées aux appareils grand public peut favoriser l’autonomie et l’accès dans de nombreuses activités quotidiennes. Pour les bailleurs de fonds et les décideurs, l’accès aux appareils grand public peut compter autant que l’accès aux outils spécialisés. Les appareils grand public ne remplacent toutefois pas tous les outils. Les personnes aveugles ou malvoyantes peuvent encore avoir besoin d’aides traditionnelles pour certaines tâches. C’est particulièrement vrai lorsque les boutons physiques ou les claviers complets sont importants. C’est aussi vrai pour le travail avancé sur des documents que les outils grand public ne permettent pas encore.
Que se passe-t-il ensuite ?
Les recherches futures devraient inclure davantage d’adultes plus âgés. Elles devraient aussi inclure plus de personnes ayant récemment perdu la vue. Elles devraient inclure davantage de personnes qui n’utilisent ni téléphone intelligent ni tablette. Nous devrions aussi examiner plus attentivement les facteurs qui facilitent ou freinent l’adoption de la technologie. Nous devrions considérer le point de vue des personnes ayant d’autres handicaps. Nous devrions aussi étudier l’utilisation des outils grand public pour des tâches précises.