Facteurs associés à la performance en lecture braille chez des adultes en âge de travailler et des aînés ayant une déficience visuelle
Nous avons évalué quarante-six adultes aveugles ou malvoyants, âgés de vingt-trois à quatre-vingt-huit ans. La fréquence d’utilisation du braille comptait bien plus que l’âge.
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Pourquoi ce travail est-il important ?
Le toucher, les mouvements des mains et la mémoire changent avec l’âge. La lecture du braille fait appel à ces trois capacités. Certaines personnes pensent donc que les aînés ne peuvent pas apprendre le braille. Nous savons pourtant très peu de choses sur l’apprentissage et l’utilisation du braille avec l’âge. La plupart des recherches sur le braille ont plutôt porté sur les enfants.
Qu'avons-nous demandé ?
Nous voulions répondre à trois questions. Nous avons d’abord examiné si les capacités tactiles, manuelles et de mémoire déclinent avec l’âge chez les adultes qui lisent le braille. Nous avons ensuite cherché quelles capacités sont liées à la vitesse de lecture braille. Nous avons aussi vérifié si le format de lecture changeait les résultats. Nous avons comparé le braille sur papier et le braille sur un afficheur braille électronique. Cet appareil soulève et abaisse de petits picots pour former des caractères braille.
Qui a participé ?
Quarante-six adultes aveugles ou malvoyants ont participé. Ils venaient de la Colombie-Britannique, de l’Ontario et du Québec. Ils étaient âgés de vingt-trois à quatre-vingt-huit ans. Presque un tiers avaient plus de soixante ans. Trente et une personnes étaient des femmes et quinze étaient des hommes. Elles avaient commencé à apprendre le braille entre quatre et soixante-trois ans.
Qu'avons-nous fait ?
Nous avons mesuré la sensibilité tactile de quatre façons. Deux épreuves appliquaient de petites formes sur un bout de doigt immobile. Deux autres demandaient de sentir activement des points et des lettres en relief. Cette méthode ressemble à la lecture réelle du braille. Nous avons aussi mesuré les mouvements des mains et la mémoire tactile. Chaque personne a ensuite lu quatre courts passages de longueur semblable. Deux passages étaient sur papier et deux sur l’afficheur braille. Dans chaque format, un passage était lu à voix haute. L’autre était lu en silence.
Ce que nous avons trouvé
La sensibilité tactile était plus faible chez les personnes plus âgées que chez les plus jeunes. La dextérité manuelle était aussi un peu plus faible chez les personnes plus âgées. La dextérité manuelle est la capacité de bouger les mains facilement et rapidement. La mémoire tactile variait très peu selon les groupes d’âge. L’âge des participantes et participants n’était pas lié à la vitesse de lecture braille. Trois autres facteurs y étaient liés. Le facteur le plus important était l’âge auquel une personne avait commencé à apprendre le braille. Le deuxième était la fréquence d’utilisation du braille dans la vie quotidienne. Le troisième était la sensibilité tactile active. Nous l’avons mesurée pendant que les doigts et les mains bougeaient. Lire le braille plus souvent comptait autant pour les personnes qui l’avaient appris tard que pour celles qui l’avaient appris jeunes. La lecture silencieuse était environ quinze pour cent plus rapide que la lecture à voix haute. Le braille sur papier et le braille électronique se lisaient à la même vitesse.
Ce que cela peut vouloir dire
Notre étude donne à penser que le vieillissement ne constitue pas, à lui seul, un obstacle à la lecture braille. Dans notre échantillon, les personnes utilisant plus souvent le braille lisaient mieux le braille. Cela était vrai aussi à un âge avancé. L’âge seul ne devrait pas décider qui reçoit une formation en braille. Une seule épreuve de sensibilité tactile ne devrait pas non plus exclure une personne. Nos résultats appuient l’idée que de meilleures capacités tactiles et de lecture braille sont liées à la pratique. Le message est donc clair pour les personnes qui apprennent et celles qui enseignent. La pratique compte. Les programmes de braille pour adultes doivent proposer des exemples motivants d’utilisation du braille entre les cours et après la fin de la formation. Pour les décideurs, un obstacle majeur pour les apprenants plus âgés est l’accès équitable à la formation et au matériel de pratique.
Que se passe-t-il ensuite ?
Nous avons mesuré la vitesse plutôt que l’exactitude. Nos participants ont fait trop peu d’erreurs pour que nous puissions les analyser. Nous devons examiner plus attentivement l’exactitude et la compréhension. Nos résultats sont aussi un portrait à un moment précis. Ils montrent ce qui est lié, et non ce qui cause quoi. Suivre les mêmes personnes pendant plusieurs années nous en apprendrait davantage. Nous comprendrions mieux comment les capacités changent avec l’âge. Nous verrions aussi comment ces changements sont liés à la lecture braille. Nous devons mieux explorer l’expérience des adultes qui apprennent le braille. Nous devons notamment comprendre ce qui les aide et ce qui rend l’apprentissage plus difficile.