Natalina Martiniello parle au micro à l’avant d’une salle de conférence, devant une diapositive projetée de l’école d’été 2026 du Réseau de recherche en sciences de la vision.

Inclusion sociale et participation

Favoriser la participation inclusive et l’accès équitable à l’information des personnes aveugles et malvoyantes dans l’éducation, la recherche et au-delà.

Le fait d’être en situation d’invalidité ne fait pas de vous une personne exceptionnelle, mais le fait de remettre en question ce que vous croyez savoir à ce sujet, oui.

— Stella Young

Aperçu

Les services d’éducation et de réadaptation fournissent aux personnes aveugles ou malvoyantes les outils, les stratégies et les compétences nécessaires pour atteindre leurs objectifs personnels, scolaires et professionnels. C’est important, mais ce n’est qu’une partie du tableau. Les personnes aveugles ou malvoyantes peuvent encore se heurter à des obstacles qui limitent leur participation, en raison de facteurs externes, notamment l’accessibilité des espaces numériques et physiques, l’accès à l’information en braille et dans d’autres formats, l’accès limité à des représentations positives et à des modèles de référence aveugles, ainsi que les perceptions, les stéréotypes et la stigmatisation que d’autres peuvent (souvent inconsciemment) entretenir. Ces facteurs continuent d’influencer les résultats en matière d’études postsecondaires et d’emploi, ainsi que la participation sociale en général.

Progrès encourageants

Ces dernières années, des cadres nationaux et internationaux ont attiré davantage l’attention sur le rôle que les sociétés jouent collectivement dans la promotion d’une participation inclusive et d’un accès équitable à l’information. Parmi ceux-ci figurent la Convention des Nations Unies relative aux droits des personnes handicapées, le Traité de Marrakech, le Rapport mondial sur l’équité en santé pour les personnes handicapées de l’Organisation mondiale de la Santé, ainsi qu’au Canada, la Loi canadienne sur l’accessibilité et la Loi sur la stratégie nationale sur les soins oculaires.

De même, les plans d’action en matière d’accessibilité récemment mis en place par les organismes de financement de la recherche reflètent également l’importance de s’attaquer aux obstacles externes qui influencent les résultats dans l’enseignement supérieur et la recherche.

Grâce au pouvoir des récits, de nombreuses personnes aveugles, sourdes-aveugles ou malvoyantes utilisent également leurs tribunes pour sensibiliser les autres, lutter contre les idées fausses et redéfinir les récits entourant le braille, la cécité et les nombreuses définitions de ce que « signifie être aveugle ». Par exemple, l’expérience des personnes qui vivent depuis peu une perte de vision sera très différente de celle des personnes aveugles depuis toujours. Les points de vue de première main redéfinissent le braille et les autres outils liés à la cécité non pas comme des symboles de handicap, mais comme des symboles d’autonomisation et de choix.

Nous avons demandé à des personnes aveugles quels mots leur venaient à l’esprit pour définir la « cécité ». Ce nuage de mots présente les réponses les plus fréquentes.

Un nuage de mots contenant des mots tels que « autonomiser », « se réapproprier », « vision », « visionnaire », « pas un handicap », « créativité », « perspective », « résilient », « fierté », « sagesse », « pouvoir », « ambition », « incompris » et « sous-estimé ».

Une approche participative axée sur les forces

La recherche menée au laboratoire adopte une approche biopsychosociale qui tient compte de l’interaction entre les facteurs personnels et externes qui façonnent la participation inclusive et l’accès à l’information. Bien qu’il soit important de tenir compte du rôle des facteurs personnels (par exemple, l’âge d’apparition de la cécité, les capacités individuelles et l’âge), bon nombre des obstacles invalidants auxquels font face les personnes aveugles ou malvoyantes peuvent être surmontés grâce à des perceptions et des actions positives. Par exemple, lorsqu’une personne aveugle a accès à un menu en braille, elle n’est pas en situation d’invalidité à ce moment-là, même si elle est aveugle. Ancrée dans le modèle social du handicap, cette perspective met l’accent sur les expériences vécues par les personnes aveugles et malvoyantes et favorise la collaboration entre les intervenants, qu’ils soient voyants ou non, afin de concevoir conjointement des outils, des ressources et des solutions qui s’attaquent aux obstacles soulevés.

En mettant l’accent sur l’accessibilité non visuelle, les thèmes abordés comprennent :

  • Les facteurs qui favorisent ou entravent la réussite dans les études postsecondaires et sur le marché du travail, notamment l’accès au braille et à d’autres formats non visuels, aux technologies accessibles et à la conception universelle;

  • Les expériences d’accessibilité vécues par les universitaires aveugles tout au long de leur parcours dans les bibliothèques universitaires, y compris les outils visant à soutenir les connaissances, les attitudes et les pratiques des bibliothécaires universitaires;

  • L’accessibilité tout au long du cycle de recherche, y compris la conception de l’étude, la collecte de données, l’analyse des données et la diffusion (congrès et publications), en particulier pour les personnes qui utilisent le braille et d’autres méthodes d’accès non visuelles;

  • Les expériences des chercheuses et chercheurs aveugles, sourds-aveugles et malvoyants qui mènent des recherches qualitatives à l’aide du braille et d’autres stratégies non visuelles;

  • L’accessibilité dans les bibliothèques, les théâtres, les musées et d’autres activités sociales et culturelles, notamment en ce qui concerne le braille, l’accessibilité et la conception universelle.